Un artisan n'a pas besoin d'un site de cinquante pages. Il a besoin d'un site qui fait sonner le téléphone et arriver des demandes de devis, de la part de clients de sa zone, pour les travaux qu'il veut faire. Dans la plupart des cas, cinq pages bien construites suffisent. Les voici, avec ce qu'on met dedans.
Avant les pages : trois règles de base
Quel que soit le métier, un site d'artisan qui fonctionne respecte trois règles.
– Il est pensé pour le téléphone : la plupart des visiteurs le consultent sur mobile, souvent depuis la page de résultats de Google ou depuis la fiche Google de l'entreprise.
– Le numéro de téléphone et le bouton de demande de devis sont visibles sur chaque page, sans avoir à les chercher.
– Il montre des preuves : photos de chantiers réels, zone d'intervention, années d'expérience, qualifications vérifiables.
Le reste, le design, les animations, les effets, vient après.
1. L'accueil : dire en trois secondes qui vous êtes et où vous intervenez
La page d'accueil doit répondre immédiatement à trois questions : quel métier, quelle zone, comment vous joindre. « Couvreur à Bayonne et sur la côte basque » dit plus en quelques mots qu'un long slogan. En dessous, un résumé de vos principales spécialités, quelques photos de réalisations, et un appel à l'action clair.
C'est aussi la page qui porte en général votre nom et votre métier principal dans Google. Son titre et son premier paragraphe doivent donc contenir les mots que vos clients tapent vraiment.
2. Une page par métier ou par service principal
C'est la page la plus sous-estimée. Un menuisier qui fait des cuisines, des escaliers et des fenêtres a tout intérêt à avoir une page pour chacun, plutôt qu'une seule page « nos services » avec une liste. Chaque page peut alors répondre précisément à une recherche (« pose de fenêtres à Anglet », « escalier sur mesure Pays Basque »), montrer les réalisations correspondantes et répondre aux questions fréquentes sur ce type de travaux.
Pas besoin d'en créer vingt : commencez par les deux ou trois prestations qui font l'essentiel de votre chiffre d'affaires, ou celles que vous voulez développer.
3. Les réalisations : la preuve par l'image
Pour un artisan, rien ne remplace les photos de chantiers. Une galerie bien tenue, avec un court texte par réalisation (le besoin, la solution, la commune), rassure plus qu'aucun argument. Les photos avant et après fonctionnent particulièrement bien.
Quelques conseils : des photos nettes et récentes plutôt que nombreuses, prises à la lumière du jour, et un classement par type de travaux pour que le visiteur trouve ce qui le concerne. Si vous n'avez pas le temps de les prendre vous-même, une demi-journée de shooting sur deux ou trois chantiers suffit souvent à constituer une première base solide.
4. L'entreprise : montrer qui va venir chez vous
Un client qui fait venir un artisan chez lui veut savoir à qui il ouvre sa porte. La page « l'entreprise » présente votre parcours, votre équipe, vos qualifications et assurances, votre zone d'intervention. Une photo de l'équipe, une vraie, pèse plus lourd qu'un paragraphe sur vos valeurs.
Si vous avez des avis clients, c'est le bon endroit pour les mettre en avant, en renvoyant vers votre fiche Google où ils sont vérifiables.
5. Contact et demande de devis : faciliter le premier pas
Le formulaire doit être court : nom, téléphone, commune, type de travaux, message, et éventuellement l'envoi d'une photo. Chaque champ supplémentaire fait abandonner une partie des visiteurs. Ajoutez votre numéro cliquable, vos horaires, votre zone d'intervention et un délai de réponse indicatif.
Et vérifiez régulièrement que les demandes arrivent bien dans votre boîte de réception : un formulaire en panne peut faire perdre des chantiers pendant des semaines sans que personne ne s'en rende compte.
– le métier et la zone sont lisibles dès le haut de l'accueil ;
– le téléphone est cliquable sur mobile, sur chaque page ;
– chaque service principal a sa propre page ;
– les réalisations sont de vraies photos, datées de moins de quelques années ;
– le formulaire est court et les demandes arrivent bien ;
– la fiche Google renvoie vers le site, avec les mêmes coordonnées ;
– les clics sur le téléphone et les envois de formulaire sont mesurés.
Et ensuite ?
Une fois ces cinq pages en place, le site peut grandir à votre rythme : de nouvelles réalisations chaque saison, une page pour une commune où vous voulez vous développer, quelques articles qui répondent aux questions que vos clients vous posent au téléphone. L'essentiel est de mesurer les demandes reçues, pour savoir quelles pages travaillent et lesquelles méritent d'être améliorées.
À l'inverse, évitez ce qui donne une impression d'abandon : une rubrique « actualités » dont le dernier article date de plusieurs années, des pages en construction, des photos de démonstration laissées par le thème. Mieux vaut cinq pages à jour que quinze pages dont la moitié sont vides. Un site sobre et bien tenu inspire plus confiance qu'un site ambitieux qu'on n'entretient jamais.
Cinq pages claires, des photos réelles et un contact facile : c'est la base d'un site d'artisan qui rapporte. Le reste se construit ensuite, sur la base des demandes que vous recevez vraiment.
Pour aller plus loin : notre façon de créer des sites internet, ou estimez le budget de votre site.